Samedi 25 août 2007
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Xavier DARCOS a annoncé que 11 0000 postes ne seront pas remplacés dans l’éducation nationale et qu’il souhaitait rationaliser les études pour, en finalité et à demi-mots, satisfaire aux seuls intérêts du marché.
Une telle position qui obéit à une autre logique, met en péril la notion même du « savoir » et de la culture générale.
L’enseignement est un secteur prioritaire qui ne doit pas être sujet à des économies.
Enseigner, propager les savoirs est un devoir pour une société.
Xavier DARCOS veut que l’éducation nationale (le terme d’enseignement est plus approprié) devienne la machine à formater de Aldous HUXLEY dans "le meilleur des mondes" : Non pas amener l'éléve à comprendre qui il est (ses compétences, son ou ses talents, ses aptitudes...) mais à lui imposer un destin suivant certaines considérations plus ou moins pertinentes.
A ce sujet, je vous invite à lire la contribution de Thucydide sur les discussions riches de la plate forme Internet « e-bayrou » :
« Mon âge certain me permet d'intervenir dans un débat concernant de plus jeunes. Et une fois de plus j'entrevois la faille de notre système scolaire, nommé à tort "éducation nationale". Ce sont les parents qui éduquent (ou les grands parents, ou un mentor), les
enseignants instruisent, ce qui est fondamentalement différent.
Tout le système éducatif est fondé sur l'art d'enseigner comment "apprendre à apprendre" comme dans l'adage chinois "apprendre à son voisin à pécher (le poisson)".
Il ne peut pas, il ne doit pas prétendre fournir des emplois "clés en mains"*. C'est une imposture, comme celle du charlatan qui vous refile "la potion universelle". Même les filières techniques ne sont là que pour "sensibiliser", éveiller la curiosité de la nouveauté; pour être efficace, bien entendu, il faut inculquer ce que l'on nomme "les savoirs de base", qui permettront à celui qui les a compris de s'y retrouver et de former son jugement.
L'enseignement, c'est exactement la carte et la boussole pour le voyageur; la meilleure carte, la meilleur boussole du monde ne le dispenseront pas de "marcher".
Donc, exit le "diplôme miracle" ou même l'enseignement-porte d'entrée dans la vie active. Je sais, les "Grandes Ecoles", les diplômes prestigieux: /ce sont déjà des "carrières en soi", avec
examen d'entrée et preuves de compétence à l'appui, tout comme dans la vie active.
Prétendre, comme le font certains qu'améliorer le système éducatif par des procédés mécaniques ("moyens", "effectifs", loi-programme) est une arnaque. Parce que l'Université n'est pas faite pour ça: elle est faite pour former des universitaires. Dans les filières débouchant en principe sur un emploi, cet emploi est assorti de l'obilgation d'un stage satisfaisant en entreprise (et un Cabinet d'Avocats EST une entreprise).
La recherche, c'est un métier, un travail comme un autre; elle est aussi présente dans le privé (où elle est mieux dotée, car elle poursuit des objectifs spécifiques). Là, et là seulement les améliorations mécaniques prennent leur sens.
Une fois ces négations de "fausses pistes" achevées, que reste-t-il? la fonction essentielle de l'enseignement, depuis longtemps hélas perdue de vue: l'éclosion des talents. Il n'existe aucun être humain sans talent. *Et par "talent", il faut entendre "vocation", c'est-à-dire une activité où l'individu s'épanouira. La mauvaise habitude d'affecter le coefficient "art" au mot "talent" nous fait oublier que "l'artisan" par exemple est aussi "artiste" (qualificatif employé sous Calvin à Genève).
Raymond Poincaré: "/A cent diplômés universitaires, je préfère un bon voyageur de commerce/". C'est *ça* le talent: faire ce qu'on aime le mieux faire (voir les artistes impécunieux et.. talentueux). Et un bon plombier est aussi utile (plus parfois) qu'un grand savant. Tous deux sont nécessaires.
C'est pourquoi je préconise une ré-orientation du système éducatif: en sus de l'enseignement des savoirs (encore faut-il s'interroger sur ce qui est nécessaire....) la détection des talents au sens propre. C'est la question attendrissante "Qu'est ce que tu voudrais faire plus tard?", qui malheureusement n'est pas suivie d'effet. Parce que "les crédits" n'ont pas été alloués. Mon avis est que les enseignants seraient enthousiasmés par cette "mission" qui correspond tout à fait à LEUR talent: aider les enfants à grandir.
Ensuite, bien évidemment, cela suppose des batteries de tests fiables pour voir si le désir de l'enfant est réalisable (pour lui, pas pour la collectivité) et la création de "filières" tournées vers l'avenir de cet enfant-là (et non pas "des" enfants) dans le cadre de son talent ou de ses talents. Effort considérable, tant intellectuellement que matériellement, mais c'est la conclusion logique de l'exhortation de "remettre l'être humain au centre de la politique". Ce n'est pas "l'enfant" ou "l'élève" qui doit être mis au centre du système éducatif, mais "le petit humain" qui, comme ses empreintes digitales (ou son ADN) est UNIQUE*. Ah oui! j'oubliais: ça demande du travail......
Personnellement, je suis obsédé par un cauchemar: ces centaines, ces milliers de Pasteur, Langevin, Clamette, Curie, Ampère qui *dorment partout en France parce qu'ils ne savent pas, parce qu'on ne leur a pas dit qui ils sont.* Et que le "découvreur" du remède contre le cancer, ou le Sida, ou toute autre découverte fondamentale est un "déplacé" qui désespère tranquillement en se demandant POURQUOI "il n'est pas comme les autres". »
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